
Au coeur du projet WOMANAKWA, il y a une invitation à plonger dans un monde où les divinités oubliées, enfouies dans les profondeurs de l’inconscient collectif, cherchent à renaître. Portées par l’eau, élément fondateur et bassin de nos métamorphoses, ces présences invisibles s’incarnent sous l’objectif de MansAmo — duo artistique formé par Mansara et Amaury Voslion. Leur oeuvre ne se contente pas de capturer des images : elle révèle, à travers le geste créateur, des entités en quête d’actualisation, des esprits qui aspirent à traverser le voile de l’oubli pour s’inscrire dans notre réalité.
Née d’une alchimie entre fragilité du corps et puissance régénératrice de l’eau, WOMANAKWA est une ode aux forces invisibles qui les habitent. Mansara, dont le parcours a été marqué par l’épreuve de la maladie et la renaissance dans l’élément aquatique, et Amaury, dont le regard transforme chaque immersion en dialogue avec l’au-delà, offrent un espace où le sacré se déploie.
Leurs photographies sous-marines, leurs costumes suspendus et leurs poèmes murmurent une même question : et si les divinités, privées de culte dans un monde désenchanté, trouvaient refuge dans le geste ?


Le mot man est contenu dans le mot woman et tous deux sont liés à une autre unité de sens akwa. La graphie akwa issu de la culture akan (Côte d'Ivoire, Ghana, Togo et Bénin), se traduit par « tu peux » Womanakwa incarne la fusion du Féminin et du Masculin à l’aune des possibilités qu’offre l’immersion dans les eaux matricielles, mais aussi le pouvoir d’émerveillement que génère la promesse de vie.
L’eau, qui constitue jusqu’à 60 % de notre corps et 90 % de notre cerveau, fait partie de notre essence. Elle n’est pas seulement un élément extérieur ou un milieu originel : elle est ce qui nous traverse, nous relie et nous définit. Comme le disait Hegel, c’est au crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol — c’est après l’épreuve, après l’immersion, que se révèle la portée de ce qui a été vécu. L’appareil photo agit comme un dispositif qui capte et révèle ce que l’eau et le corps, ensemble, portent en eux : une capacité de transmutation, une mémoire de la vie. WOMANAKWA est la divinité des eaux matricielles et des organes temporaires, telle que nommée par Mansara et Amaury Voslion.